3.05 L’augmentation de notre pouvoir d’achat, un leurre ?

Affirmation du fait que la consommation d’énergie est liée au niveau de vie, que l’on ne peut par conséquent réduire la consommation d’énergie tout en augmentant le pouvoir d’achat. La progression matérielle des pays développés risque en plus d’aller au détriment de celle des pays en voie de  développement. Réaction au livre « Fin de l’Occident, naissance du monde », de Hervé Kempf.

Le premier texte inséré dans ce blog s’intitulait « L’économie d’énergie, un leurre ? ».  J’y argumentais que la mise à disposition de tout ce que nous consommons ou utilisons nécessite un double « input » : du travail et de l’intelligence de l’homme d’une part et de l’énergie de l’autre, rien d’autre !

Il s’en suivait, selon moi, que toute augmentation du niveau de vie, de notre  pouvoir d’achat donc, impliquait, grosso modo, une augmentation de notre consommation d’énergie. Dépenser de l’argent avait comme conséquence ultime une dépense d’énergie. Une réduction de la consommation d’énergie  n’était dès lors possible qu’en réduisant notre niveau de vie.

Ce résumé ignore évidemment l’incidence des énergies renouvelables, la différence aussi entre la dépense d’énergie nécessaire pour produire et distribuer des biens matériels et celle nécessaire pour la fourniture de services, les deux contribuant à notre niveau de vie.

Conclusions:

1)    Economiser l’énergie, but politique généralement accepté, n’est guère compatible avec une autre exigence également admise, celle de l’augmentation continuelle de notre pouvoir d’achat ;

2)    « Economiser » l’énergie devrait dés lors signifier à la consommer à bon escient de sorte qu’avec un pouvoir d’achat donné on se procure un optimum de niveau de vie. Cela signifie que les achats des choses et des services soient orientés selon leur rapport « qualité/prix ». Une information correcte du consommateur devient ainsi primordiale.

3)   L’inanité de toute aide financière publique  à l’économie d’énergie ne doit pas faire de doute.

J’en déduisis en outre que nous serons progressivement forcés  de changer notre comportement de consommateurs, privilégiant le recours aux services plutôt qu’aux biens matériels. Tout cela à  part du fait qu’une croissance, ne fusse que de quelques pourcents par an, est une fonction exponentielle qui mène à la longue à des niveaux impossibles à soutenir.

D’où la nécessité pour les Etats développés, toujours selon moi, d’abandonner l’augmentation de leur PIB, voire même de le réduire afin de permettre aux pays sous-développés de s’approcher de notre niveau de vie.  Conclusion contraire à l’idée que c’est grâce à la « locomotive » du monde développé que l’humanité progressera matériellement. Conclusion contraire aussi au  credo de la « globalisation ».

On vient d’attirer mon attention sur un livre de Hervé Kempf *) dans lequel sont développés des arguments allant dans la même direction que celles ainsi résumées. Ceux de Kempf sont cependant basés sur des considérations différentes aux miennes et bien plus scientifiques.  Je m’en voudrais si je ne les mentionnais pas dans ce blog.

Ci-après leur résumé.

Se basant sur des chiffres globaux de l’évolution de l’émission de CO2 et de la capacité de la nature de l’absorber, Kempf conclut que des contraintes écologiques interdisent impérieusement de généraliser, à l’échelle planétaire, le niveau de vie occidental. Bien au contraire, notre niveau de vie devra baisser afin de permettre que chaque peuple ait sa juste part, puisse sortir de la misère. En ne consentant pas à un tel appauvrissement volontaire,  l’occident entrainerait inéluctablement l’humanité dans un déchaînement de violence.

Il appartient à plus qualifié que moi d’apprécier les données sur lesquelles se base Hervé Kempf pour avancer de telles visions apocalyptiques. On ne peut cependant s’empêcher, en déposant son livre, à se sentir conforté dans la conviction qu’il faut sortir des égoïsmes nationaux, des velléités souverainistes à la « Brexit »,  des nationalismes de tout poil, qu’il faut absolument que l’Union Européenne réussisse, qu’elle puisse servir de modèle et conduise à des structures supranationales tellement fortes que les vrais problèmes de l’humanité puissent, enfin,  être traités et résolus.

JH, en juin 2016

*) Hervé Kempf, « Fin de l’Occident, naissance du monde », ISBN 978-2-7578`4601-8, Editions du Seuil, 2013.

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