5.06 Sommes-nous seuls dans l’Univers?

Réflexions à propos de l’immensité de l’Univers et des difficultés d’en comprendre l’origine et la finalité.

Il y a quelques centaines d’années, il était admis que la Terre était le centre du monde, que le soleil et la lune tournaient autour d’elle avec, en toile de fond, un firmament scintillant: le ciel.

Indubitablement, l’homme était le couronnement de la création.

Aujourd’hui nous savons que la Terre est une planète qui tourne avec d’autres planètes autour de son soleil et que cet ensemble ne constitue qu’une infime partie d’une galaxie, de la Voie lactée. Ce que l’on sait peut-être moins, c’est que cette galaxie est tellement énorme que la lumière met deux ans pour la traverser et qu’elle est composée de milliards de soleils, souvent entourés, comme le nôtre, de planètes. Parmi ces planètes, forcément aussi des milliards, il me paraît qu’il faut admettre qu’en toute probabilité certaines, des millions quand même, ont des caractéristiques similaires à celles de notre Terre. Il paraît  dès lors aussi qu’il est improbable que seulement sur Terre une vie soit née, de ne pas supposer qu’il ait existé, qu’il existe et qu’il va exister, ailleurs que chez nous, une vie et des êtres intelligents.

Or on nous apprend en plus que la Voie lactée n’est pas seule et qu’il existe des centaines de milliards d’autres galaxies, chacune avec des milliards de systèmes solaires. La supposition qu’il y ait dans l’Univers d’innombrables civilisations ne devrait-elle pas alors être admise comme hautement probable?

À cette supposition on peut rétorquer que malgré toutes les recherches, on n’a jamais pu recevoir le moindre signal d’une civilisation extra-terrestre.

On y répondra que le développement de la vie sur Terre a pris des milliards d’année, un temps très bref comparé à celui de l’âge de l’Univers et que la faculté d’émettre des signaux radioélectriques n’y existe que depuis très peu, n’y durera peut-être que pendant quelques centaines ou milliers d’années encore: à l’échelle de l’Univers un bref éclair dans une nuit interminable.

La probabilité que de tels signaux, après avoir été émis il y a des dizaines, des milliers ou de millions d’années, nous arrivent pendant le temps furtif pendant lequel l’homme est capable de s’en apercevoir, le temps probablement furtif aussi pendant lequel ces lointaines civilisations étaient capables d’émettre de tels signaux, cette probabilité de concomitance doit être extrêmement minuscule, frôler zéro.

Depuis longtemps l’auteur de ces lignes est ainsi persuadé que l’homme n’est pas seul dans l’univers mais qu’il n’y aura jamais le moindre contact ou signe en apportant la preuve.*)

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Ma conviction qu’indépendamment de toute considération philosophique, les hommes ne sont pas seuls dans l’univers,  vient d’être mise en doute par un article du magazine mensuel “Scientific American” du mois de septembre 2018.

C’est la raison de la présente.

Sous le titre “Seuls dans la voie lactée”, John Gribbin de l’Université du Sussex affirme dans cette publication, que le développement cérébral qui a permis celui de nos connaissances, est dû à une suite de coïncidences tellement complexes et invraisemblables qu’il est improbable qu’il puisse avoir eu lieu ailleurs dans notre galaxie.

À l’appui de son affirmation, il affirme que le “timing” de la naissance de notre système solaire et son emplacement dans la Voie Lactée sont idéals pour qu’une vie ait pu y naître. Certaines caractéristiques de notre planète seraient en outre rarissimes et les conditions y ayant permis la naissance et l’évolution de la vie sur Terre seraient dès lors, là encore, vraisemblablement uniques dans la Voie lactée.

Dans son article Gribbin n’explique pas en détail ses arguments mais nous apprend que les premières traces fossiles trouvées d’organismes unicellulaires, encore sans noyau, sont vieilles de 3,4 billions d’années, à peine un billion d’années après la naissance de notre planète. Il se serait agi de prokaryotes, similaires à des microbes existants encore aujourd’hui. Ensuite, fait à la fois aussi étonnant que significatif, rien n’aurait changé pendant quelques 3 milliards d’années. Aurait eu lieu alors un événement fortuit et de nouveau extraordinaire: une cellule, en se divisant, aurait donné naissance à deux cellules différentes, une bactérie avec un noyau et une archaea (sans noyau). Toutes les deux auraient été capables de se nourrir en gardant la possibilité d’accomplir encore d’autres tâches, créant des cellules similaires  avant d’être “mangées” par d’autres cellules (je cite).

Serait alors survenu un autre événement de nouveau extraordinaire: un archaea “mangea” une bactérie et, au lieu de la “digérer”, la garda dans son enveloppe, devenant ainsi un nouveau type de cellule pourvue d’un noyau, un “eucaryote”.

Toutes le formes vie sur terre, tant soit peu avancées, descendraient de cette cellule ancestrale unique!

Après la naissance de cette “eukaryote-mère”, survivant suffisamment longtemps pour se reproduire, de nouveau pas grand ’chose ne serait survenu pendant un milliard d’années avant que ces eukaryotes commencent à s’agglomérer pour former des organismes multicellulaires.

Ce serait l’explosion du Cambrien, il y a quelque 550 millions d’années.

L’examen de notre DNA  montrerait ensuite que nos ancêtres auraient “récemment” connu deux catastrophes: il y a quelque 150 000 années la population “humaine” aurait été réduite à quelque cent ou mille couples reproducteurs. Ensuite,  il y a quelque 70 000 années seulement, leur nombre aurait de nouveau été réduit à mille individus ou moins encore.

Le fait que les quelque 7 milliards d’êtres humains d’aujourd’hui sont les descendants de  deux groupes successifs de rescapés aussi réduits expliquerait et confirmerait le peu d’importance des différences “raciales” entre les hommes d’aujourd’hui, rendrait en outre la survivance de l’espèce humaine presque miraculeuse.

Intéressant!

Mais cette information est relayée ici sous toutes réserves. Le “Scientific American” est une publication de vulgarisation scientifique d’une haute tenue certes, mais je ne crois pas qu’elle confère à ses articles une approbation reconnue par le monde scientifique.

Il reste que cette affirmation de M. Gribbin renforce l’affirmation que l’homme est unique dans la Voie lactée, contraire à l’argumentation précédemment développée.

Il est aussi intéressant de noter ici que le professeur Gribbin évite d’appliquer sa conclusion aux innombrables autres galaxies de l’univers, dont les limites restent toujours  inconnues.

Reste à mon avis la conclusion que l’espoir d’entrer un jour en contact avec des extraterrestres est tellement  minime qu’il faut l’abandonner. Les extraterrestres continueront néanmoins à peupler notre imaginaire, de faire le bonheur des enfants, petits et grands.

JH, en septembre 2018, complété en février 2019

*) Dans le “Wort” du 15 mars 2018, dans un article intitulé “Seuls dans l’univers?” l’auteur Sirius donne les estimations suivantes:

– nombre d’étoiles dans notre galaxie: 200 milliards;

– nombre de galaxies dans l’univers: 200 à 300 milliards;

–probabilité que l’homme soit seul dans l’univers:
1/10 000 000 000 000 000 000 000;

Sirius, certain  de l’existence d’extraterrestres, s’étonne par ailleurs que l’on n’ait pas encore réussi à capter le moindre signe de l’existence d’une vie extra-terrestre. L’auteur de la présente estime par contre, comme dit en haut, qu’étant la magnitude de l’espace et du temps en jeu d’une part et l’existence extrêmement brève. à l’échelle de l’univers, d’une société d’êtres intelligents de l’autre, la concomitance d’une telle captation de signaux doit être extrêmement improbable, qu’en toute probabilité l’homme ne recevra donc  jamais le moindre signe d’une existence d’extra-terrestres.

Il ne fut dès lors pas étonné ou déçu lorsque il apprit que le radiotélescope géant Lovell à Jodrell Bank, opérationnel depuis 1957 ainsi que les deux l’ayant depuis lors suivi aux USA et en Allemagne, n’ont jamais reçu le moindre signal permettant de supputer une autre origine que naturelle.

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