A propos

En novembre 2012 parut au « Lëtzebuerger Land » un article déclarant qu’en 1940/44 la résistance des Luxembourgeois à l’occupant allemand n’était qu’un mythe. Comme cette affirmation me parut incongrue et contraire à ce que j’avais vécu, je résolus de rédiger mes souvenirs de guerre. Elargis ensuite, ces souvenirs sont parus en 2014 aux Editions Binsfeld sous le titre « Luxemburg im Wandel der Zeiten ».

Dans une recension de ce livre, parue en janvier 2015 dans le Tageblatt, il fut assuré que ma description de l’attitude des Luxembourgeois pendant l’occupation allemande était typique pour ma génération puisque je prétendais que la majorité des Luxembourgeois avait activement résisté aux Allemands. Cette allégation me surprit alors qu’elle ne correspondait ni à mes souvenirs ni à mon livre. À la page 83 il y est dit en effet qu’environ 5% des Luxembourgeois avaient activement résisté à l’occupant, la plupart, tout en étant opposés à l’envahisseur, ayant prudemment préféré de ne pas courir de risques inutiles.

Pour m’expliquer cette contradiction, je me dis qu’ou bien l’auteur de la recension, un historien de renom, n’avait lu mon livre qu’en diagonale, ce que j’aurais fort bien compris, ou qu’il était intimement convaincu que les souvenirs des Luxembourgeois ayant vécu l’occupation allemande étaient tellement biaisés que les miens ne pouvaient que l’être aussi. Ne voulant pas commencer une polémique, je n’ai pas réagi à cette erreur manifeste, la chose a cependant continué à me tracasser.

S’ajoutait le fait qu’il m’est arrivé de soumettre à des quotidiens luxembourgeois des « lettres à l’éditeur » dans lesquelles j’ai pris position au sujet de diverses questions qui me tenaient à cœur parce qu’à mon avis elles concernaient l’avenir du pays. Or j’estime que si je continue à m’adonner à cet exercice, ce dont j’ai fort envie, je risque de passer pour un vieux « Besserwisser », comme un radoteur impénitent.

Créer un blog s’offre alors comme une alternative intéressante. En effet, en confiant sa pensée à un blog, on ne dérange personne alors que seuls ceux qui s’y intéressent risquent de perdre leur temps. Il s’agit en plus d’un moyen commode pour conserver commentaires et réflexions personnelles sans devoir en remplir chemises et dossiers.