Suite à l’autorisation par la Chambre des députés d’un tronçon du projet de tramway dans la ville de Luxembourg, les commentaires désabusés d’un sceptique de ce projet.
La construction d’une ligne de tramway allant de la Cloche d’Or au Findel est en marche. Commentaires désabusés d’un sceptique.
Je n’ai jamais pu me défaire d’un grand scepticisme à l’égard de l’introduction d’une ligne de tramway dans notre capitale. L’exécution de ce projet est pourtant en cours.
Le tram devra passer chez nous par des rues relativement étroites. Comme on doit lui réserver une double voie, l’espace restant, servant aux cyclistes, motocyclistes, autos, camions et autobus, en sera réduit d’autant. Je crains qu’en maints endroits cela ne mène à des situations inextricables. L’aménagement des arrêts du tram ne facilitera pas le problème.
Le bannissement partiel des voitures privées du centre de la ville me paraît ainsi implicite au projet. Il me semble que celui-ci ne pourra dès lors apporter une réponse cohérente et durable à notre problème de circulation que si la ligne de tram unique prévue est complétée par un réseau desservant tous les quartiers de la ville. Les choix techniques arrêtés maintenant tiennent-ils compte d’une telle extension ? Il n’en est certainement rien du point de vue financier.
Le choix d’un tram circulant sur rails, au détriment de grands autobus articulés ou d’un « Mettis » comme à Metz, reste difficilement compréhensible alors qu’à l’encontre des affirmations officielles, ces modes de transport paraissent avoir des capacités comparables à celle du tram. Il serait intéressant de connaître les raisons de ce choix si toutefois il a fait l’objet d’un rapport indépendant. S’ajoute la réflexion que les autobus peuvent changer de trajet alors que le tram est tributaire d’une infrastructure fixe et coûteuse.
La procédure légale ayant mené au vote de la loi et aux décisions subséquentes paraît aussi critiquable, tant à l’égard des directives européennes qu’à celui de la législation nationale. La preuve me semble en avoir été fournie par une communication officielle, quoique fort discrète, affichée le 5 juin 2015 à l’Hôtel de Ville de Luxembourg et à la Mairie de Niederanven. Elle invite les personnes s’estimant directement lésées par le projet du tram de faire valoir leurs griefs endéans les 40 jours. Cela alors que la réalisation du projet est déjà largement en cours ! Ce délai expire donc le 15 juillet 2015.
Je doute fort que de telles réclamations soient introduites. Non seulement l’ouverture de cette possibilité de recours est largement ignorée mais les personnes susceptibles d’y recourir hésiteront à le faire, redoutant le coût des frais juridiques ainsi que la réaction des autorités.
Une étude juridique préliminaire paraît cependant indiquer que de tels recours auraient des chances d’aboutir, de mener même à ce que le législateur doive reconsidérer le projet.
Pour rester dans le domaine légal, il faut aussi relever que la loi permettant la construction d’une ligne de tram unique et non pas d’un réseau de communication ne concerne qu’un tronçon de cette ligne unique. Il aurait peut être été utile que les députés aient connu le coût prévisionnel total du projet avant de se prononcer au sujet d’une réalisation partielle ?
Conclusion
On ne peut se défaire de l’impression que parmi les protagonistes politiques du tram, la plupart n’ont apporté leur support que pour des raisons non techniques. Et on se demande quel aurait été le sort du projet s’il avait été soumis à un referendum !
Il ne reste dès lors aux sceptiques du tram que l’espoir qu’ils se soient trompés du tout au tout et que le tram se révèle avoir été une décision judicieuse dans l’intérêt

ech hunn e gelies
ROTH Jacques