5.09 Mon choix, ma voie

Ce titre reflète la raison sociale de l’association luxembourgeoise « Mäi Wëllen, mäi Wee », qui défend le droit de mettre fin à sa vie. Le même droit est le sujet de l’éditorial du 29 février 2020 du magazine allemand „Der Spiegel“. À sa lecture j’en fus surpris et impressionné, à tel point que je ne peux résister à la tentation d’y attirer l’attention des visiteurs de ce site. J’avais pourtant décidé d’arrêter d’y commenter ce qui se passait au Luxembourg ou ailleurs. Comme dans quelques semaines le contenu de ce site sera publié sous le titre « Au Fil des années », c’était-là l’occasion parfaite pour arrêter d’y confier ses commentaires.

Sage décision aussitôt abandonnée !

De quoi s’agit-il dans l’article du « Spiegel  » ?

Voici: la Cour constitutionnelle fédérale allemande de Karlsruhe vient de juger qu’en Allemagne chaque citoyen a le droit inaliénable de mettre fin à ses jours, de se suicider . Cela même s’il ne souffre d’aucune maladie incurable, ne subit pas de douleurs insupportables, bref, sans que la Cour n’invoque une des raisons habituellement avancées pour justifier l’acte de mettre définitivement fin à une vie que l’on juge, à tort ou à raison, devenue intolérable.

Véritable défi aux convenances ! Si certains pays acceptent le suicide, ils y mettent cependant des conditions restrictives. La Cour de Karlsruhe, quant à elle, n’invoque aucune raison, même religieuse ou miséricordieuse, pour justifier son verdict. Elle considère le suicide comme un droit fondamental et inaliénable dû à la dignité de l’homme, point à la ligne.

Par cette décision, la plupart des dispositions légales allemandes concernant le suicide et, plus particulièrement, celles qui punissent ceux qui y prêtent leur concours, sont devenues anticonstitutionnelles.

Selon le « Spiegel, » ce jugement doit maintenant rendre possible de se suicider en Allemagne d’une façon digne, y rendre illégal d’en barrer les moyens, de ne laisser d’autre issue que de se jeter sous un train. Bien sûr, la société peut et doit mettre en place des dispositions dissuasives prévenant des actes irréfléchis, mais en dernier ressort le suicide est maintenant permis en Allemagne. Cela sans impliquer qu’un médecin, qu’une infirmière soit obligé d’y concourir, de faire ce que leur conscience leur défend de faire.

Voilà, selon le « Spiegel », la portée du verdict de la Cour constitutionnelle allemande.

Le lecteur comprendra mon étonnement lorsque je lus cet article. Pourtant membre de « Mäi Wëllen, mäi Wee », je n’avais jamais envisagé le droit de se suicider d’une façon aussi absolue.

Notre pays n’est, d’une façon générale, pas à la traîne lorsqu’il s’agit de veiller à ce que sa législation respecte les Droits de l’homme. On peut cependant douter qu’on y suive rapidement l’exemple allemand

Personnellement j’y serais favorable.

JH, le 10.03.2020

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