1.15 Des croyances et des complots

Les bras vous tombent en constatant à quels contes d’horreur, à quels complots farfelus des gens croient dur comme fer.

Depuis plusieurs années il circule des rumeurs, colportées par Twitter, Facebook et Co, selon lesquelles il existerait de mystérieuses et sinistres associations, élitaires bien entendu, qui domineraient le monde, voulant asservir ou même éliminer des pans entiers de l’humanité. La liste des accusés ne surprend guère, ce sont les juifs, la finance internationale, la Chine ou encore, avec des buts moins ambitieux, des groupes ou des individus apparemment  méprisables et bien identifiés.

L’origine de ces rumeurs, allégeant ainsi l’existence de sinistres complots ou d’autres fadaises, ce sont souvent les États-Unis. Leur Président en est un exemple avec son affirmation, défiant l’évidence, qu’il aurait gagné la récente élection présidentielle. Le résultat en aurait été occulté suite à un complot criminel fomenté par ses adversaires démocrates. Reproche impliquant la participation de milliers de citoyens à travers les États-Unis, sans qu’aucun d’eux n’ait trahi l’affreux secret. À ce qui paraît une bonne moitié de l’électorat républicain a partagé cette conviction pourtant dénouée de tout indice. Désolant !

Un autre exemple d’un tel comportement est le succès de « QAnon », qui propage l’affirmation qu’un cercle occulte de pédophiles domine le monde, s’adonne à des cultes sataniques. Fait significatif : Trump s’est gardé de désavouer ces inanités qui, entretemps, ont gagné l’Europe.

On se demande comment de telles choses sont possibles.

En fait et depuis quelques années sont apparues à ce sujet des communications scientifiques. Elles affirment que l’homme, s’il est confronté à des situations auxquelles il ne comprend rien ou qui contredisent ses convictions, a tendance à recourir à des explications même si dénouées de rationalité. On aurait tous tendance à accepter les dires qui confirment nos convictions, qui prévalent dans notre milieu et de refouler les affirmations contraires: nous aurions  tendance à prendre nos rêves pour des réalités.

Difficile alors de pas penser à Monsieur Trump !

Difficile aussi, pour le soussigné du moins, de ne pas penser alors à ceux qui ont la conviction qu’en 1940/44 l’issue de la guerre importait peu à la plupart des Luxembourgeois qui ne découvraient leur patriotisme que lorsque la victoire des Alliés se dessinait. À fin de sauver les meubles et de se faire admettre parmi les pays alliés, les élites du pays auraient alors ourdi un complot comme quoi une grande majorité des Luxembourgeois aurait, dès 1940, refusé d’unir leur sort à celui des Allemands, auraient espéré la victoire alliée.

Ici aussi on devrait constater qu’un tel complot, ayant  perduré pendant une cinquantaine d’années, implique la connivence de plusieurs générations de tous les mandataires politiques du pays, de l’extrême droite à l’extrême gauche, de sa presse de tout bord, de ses historiens (ne les oublions pas), sans qu’il y ait eu la moindre indiscrétion… quelle solidarité dans le mensonge… devrait-on en être fier ?

J.H. le 13 décembre 2020

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