4.14 Le terrorisme islamiste

Depuis des années l’Europe, la France en particulier, sont confrontées à un terrorisme islamiste persistant. Pourquoi surtout la France ? Probablement à cause de son passé colonial en Afrique du Nord et au Proche Orient qui a conduit à une importante présence arabe, donc musulmane, en France. Les fondamentalistes islamistes s’y heurtent au principe de la laïcité de l’État, de l’école publique. La grande majorité des musulmans de France semble cependant s’y plier sans problème majeur, fusse parfois de mauvaise grâce. 1)

J’ignore ce qu’il en est des imams pour lesquels il doit parfois être difficile de concilier Coran et loi républicaine. Et puis il y a les imams intégristes payés par leurs confrères saoudiens et des Émirats du Golfe. Certains n’hésitent pas à prêcher la violence envers les mécréants que sont, pour eux, les non-musulmans.  2)

La cause profonde de ces violences paraît évidente : l’intolérance et le fanatisme religieux, plus spécifiquement l’idéologie wahhabite qui exige que les fidèles suivent à la lettre les enseignements du Coran et qui refusent toute adaptation du Coran aux connaissances et aux exigences de la société d’aujourd’hui. Le Coran n’est pourtant qu’une des transcriptions des compte-rendus oraux du Prophète des paroles lui adressées par Allah. Il y avait, à l’époque, d’autres versions, perdues ou délaissées, écartées finalement par le 3me calife. Ce qui est essentiel c’est que ce message divin ne contient aucune information qui n’ait pas été compréhensible aux hommes d’alors. En s’adressant au Prophète, Allah avait donc adapté ses paroles aux connaissances et au mode de vie des hommes auxquels il s’adressait. En suivant aujourd’hui les préceptes du Coran, pourquoi ne pas s’inspirer alors des connaissances et modes de vie d’aujourd’hui ? 3)

Résister à l’intégrisme islamiste n’est donc pas nécessairement faire preuve d’islamophobie. Le rejet de l’islam, en France et ailleurs, est probablement une conséquence espérée des stratèges de l’intégrisme islamiste qui veulent empêcher qu’en Europe les musulmans deviennent de véritables citoyens de leurs pays d’adoption.

L’exercice du culte islamique doit cependant et évidemment rester garanti comme doit l’être celui des autres religions, sectes ou tendances philosophiques, C’est élémentaire et fait partie des Droits de l’homme. Mais cela à une condition : accepter que dans le comportement des croyants, les prêches des prêtres, imansou autres prédicateurs, il soit accepté que la loi nationale doit être respectée et suivie malgré tout précepte religieux ou philosophique contraire éventuel.

Selon un récent sondage Ifop auprès des musulmans résidant en France,   74% des moins de 23 ans y plaçent l’obéissance aux préceptes de leur religion au-dessus de celle de la législation républicaine. Pour leurs ainés, âgés  de plus de 35 ans, ce pourcentage tombe à 25  %. 4)

Il est certes normal qu’un enseignement religieux influence surtout les jeunes et que son influence diminue ensuite. Ce sondage paraît cependant indiquer l’efficacité de l’endoctrination religieuse “antirépublicaine” des jeunes musulmans français et une prise de conscience progressive de leurs ainés des impératifs civiques s’imposant à toute intégration sociale.

Il y a donc en France des gens raisonnables du côté musulman, probablement une majorité. Il faut les soutenir et contrer sans haine, mais efficacement, ceux qui prêchent la violence, qui ne respectent pas la loi du pays qu’ils habitent. Il faut renvoyer chez eux les exégètes étrangers qui prêchent la violence contre ceux qui ne partagent pas leurs convictions.

Hélas, au point où nous en sommes, cela risque de ne pas briser sitôt l’enchainement du mal.

Y aurait-il alors quelque chose dans notre comportement à nous, aux non-musulmans, qui contribue à la haine que vouent des musulmans aux mécréants que nous sommes à leurs yeux ?

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Réfléchissons.

Quelles auraient été nos réactions si, au lieu de montrer la caricature d’un vieillard musulman, en position ultra-lascive, Charlie-Hebdo avait publié une caricature montrant un évêque se vautrant dans un lit, mitre de travers, ventre velu, soulevant avec un sourire béat la jupe d’une religieuse, découvrant des fesses frémissantes accompagnées de la mine réjouie de la dame en question ?

Cela aurait certainement amusé les uns mais offusqué, choqué d’autres. En remplaçant l’évêque par la caricature d’un homme public respecté ou d’une vedette sportive populaire, quelle aurait été la réaction ?

Pour certains les caricatures de Charlie-Hebdo peuvent être libératoires d’une bienséance opprimante, une réaction à des agressions subies, procurer le plaisir de choquer. Pour d’autres elles sont tout simplement blessantes.

Sachant la mentalité des foules musulmanes, en Europe et surtout ailleurs, dans les pays musulmans, est-ce malin, est-ce constructif de se moquer ainsi de l’Islam ? N’est-ce pas inutilement provocateur ?

Quoi qu’il en soit, critiquer les caricatures de Charlie-Hebdo, ce n’est pas attaquer la liberté de la presse. Interdire de telles caricatures le serait. La caricature, même blessante, doit rester permise aussi longtemps qu’il ne s’agit pas d’une injure à une personne physique précise tombant, par ce fait, sous le coup de la loi.

J.H. en novembre 2020

1)  Le passé colonial de la France se trouve en bonne compagnie. Aussi loin dans le passé que l’histoire nous emmène, les sociétés fortes ont asservi les sociétés faibles, les forts réduit en servage ou en esclavage ceux qui ne l’étaient pas. Les Romains les Gaulois, les Arabes les Africains, les tribus africaines les unes les autres. Les Européens ont colonisé l’Afrique dès qu’ils en étaient capables. Et ne parlons pas des conséquences désastreuses de la “conquête” du Nouveau Monde pour ses autochtones.

2) Ici encore il faut se garder d’imputer au seul Islam l’intolérance, le fanatisme religieux. Rappelons les croisades, l’extinction des Cathares, les échafauds où les “sorcières” furent brûlées vives, la persécution des Juifs, les guerres entre Protestants et Catholiques, la révocation de l’édit de Nantes. Ce qui distingue l’islamisme intégriste de nos “intégrismes” passés, est le fait que l’intégrisme islamique est, chronologiquement, “en retard” sur l’intégrisme chrétien. Point n’est d’ailleurs besoin de religion pour tomber dans de pareils excès: Staline, Hitler et Mao ne l’ont que trop bien montré.

3) S’il faut croire Wikipédia, le Coran, tel que nous le connaissons aujourd’hui, n’a été stabilisé et unifié qu’en 695 par le calife omeyyade Abdelmalik Ibn Marouan, soit plus de soixante ans après la mort du prophète Mohammed.

4) L’éditorial du “Point” du 4 novembre 2020 n° 2515

 

 

 

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