3.17 La croissance économique, sa motivation biologique.

Si on me demandait quels sont les sujets qui m’inquiètent le plus dans la gestion de notre pays, je dirais qu’il y en a deux. D’une part la recherche d’une croissance démographique « tous azimuts » ,  cause de notre crise de logement et de l’insuffisance chronique de nos infrastructures, malgré nos efforts d’y pallier et, de l’autre,  notre refus de faire face au défaut fondamental du calcul de la dotation des réserves actuarielles de notre  système d’assurance-vieillesse du secteur privé, exigeant de ce fait une croissance soutenue du nombre des cotisants. (Article 3.13 La croissance coûte, que coûte, de notre économie).

Cette obligation ou, plutôt, ce désir de croissance, si on ne parvient pas à le juguler, risque de mener à la disparition du Luxembourg actuel et à son remplacement par une société sans caractère national, unie par des intérêts purement matériels, occupant un territoire densément urbanisé.

On aime ou on n’aime pas !

Un article de la rubrique « science & médicine » du « Monde » du 15 juin 2022, vient d’apporter une explication inattendue de ce désir de croissance.

Le neurobiologiste Sébastian Bohler, spécialiste des processus cognitifs et Thierry Ripoli, chercheur en psychologie cognitive, viennent, chacun de son côté,de  publier un livre expliquant les déterminismes biologiques poussant l’humanité vers la catastrophe.

Le phénomène serait donc général et non pas une caractéristique luxembourgeoise.  Quelle estson explication ?

Le cerveau humain a gardé de son passé animal,  dans la profondeur de son cerveau, le striatum, un système de récompense pouvant secréter de la dopamine, « la molécule du bonheur ». Ce système encourage les comportements nécessaires à la survie de l’espèce: manger et boire, se reproduire, acquérir du statut social, minimiser les efforts, s’informer. Mais la nature n’a pas ajouté de limite à ces motivations fondamentales.

Alors chacun y met du sien, Poutine certainement, chacun à sa façon, y inclus le Luxembourg. Mais comprendre un phénomène ne devrait pas signifier de l’approuver !

JH, le 20 Juin 2022

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