4.21 La guerre en Ukraine, révélateur d’un dilemne européen.

Dans « Le Monde » du 17 août 2022 se trouvait une interview de Matesz Morawieki, premier ministre polonais. Monsieur Morawieki y confirme le refus absolu de son pays d’abandonner le principe de l’unanimité des Etats membres de l’U.E. pour prendre des décisions: le Luxembourg peut paralyser l’U.E.!

Intéressant !

À la lecture de cet article, voici ce qui m’a frappé.

Rappelons que les États membres de l’U.E. ont tous déclaré  vouloir adhérer à une « ever closer union » . Cela fit espérer d’aucuns que la règle de l’unanimité de la prise de décisions , qui rend impossible à l’U.E. de réagir dans un délai raisonnable aux défis que lui pose la politique internationale, soit abolie. Géant économique mondial, l’U.E. n’est pas, militairement, une puissance comparable aux U.S.A., à la Chine ou à la Russie. Face à la Russie, c’est l’Otan qui remplit ce rôle. Les Européens s’y trouvent sous la houlette des Etats-Unis.

Si le refus de la Pologne et, probablement, de la Hongrie, d’accepter cette perte de souveraineté nationale perdure et étant cette règle d’unanimité, que faire?

Comme, face au comportement russe, la grande majorité des États membre paraissent maintenant, quant à eux, prêts à franchir ce pas, on ne voit d’abord, pour échapper à cette règle d’unanimité, que la création d’un “noyau dur”, déjà préconisé, il y a des années, par le Président français actuel. Ce “noyau dur” d’États membres permettrait la création d’un exécutif européen dans lequel les États “souverainistes” tels que la Pologne, ne seraient plus représentés.

Ce serait l’émergence d’une « Confédération européenne » agissant comme un État souverain, doté d’un exécutif, d’une Administration, d’un Parlement, d’une Cour de Justice. Normalement, elle serait membre de l’U.E.,  y remplaçant ses États  constitutifs.

Je ne connais pas suffisamment l’organisation des institutions européennes pour estimer dans quelle mesure et à quelles conditions elles pourraient servir également d’organes à cette « Confédération » nouvellement créée, mais je crois qu’il est peu probable, pour de multiples raisons, que cela puisse se faire.

Il s’en suit, probablement, que la création d’un tel “noyau dur” avec ses administrations entrainerait  de tels doubles emplois et de disputes de compétence avec les organes de l’U.E. qu’elle devra être abandonnée.

C’est probablement la raison pour laquelle le Président français ne l’a plus évoquée.

Il ne restera alors que de mettre en œuvre tous les moyens légaux pour contraindre les États membres récalcitrants ou bien à accepter cet abandon de souveraineté nationale ou bien à quitter l’U.E.

La Commission européenne, du moins sa majorité, ne semble pas être de cet avis, rechigne à trop brusquer la Pologne.

Il est vrai que l’accueil généreux des réfugiés ukrainiens par la Pologne risquerait de rendre cette dureté de traitement incompréhensible à l’opinion publique européenne,

Dilemme qu’il faudra cependant trancher sans trop attendre. L’incapacité politique de l’U,E. risquant sinon de devenir dangereuse.

J.H., le 27.08.2022

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