4.30 Les prochaines élections européennes

Dans les deux derniers articles de la présente rubrique, le soussigné a affirmé que les élections européennes de dimanche prochain avaient une importance cruciale pour l’avenir de l’Union Européenne et de ses États-membres. Il s’était dès lors promis de passer en revue, peu avant ces élections, les programmes électoraux des différents partis luxembourgeois afin de connaître à cet égard leur position, cela notamment en ce qui concerne le principe de l’unanimité des décisions de l’Union Européenne.

Voulant passer à l’acte, il a dû constater que, d’une façon générale, ces programmes ou bien reprenaient les mêmes sujets que ceux mis en avant lors des élections nationales: justice sociale, écologie etc., ou bien étaient pro-européens ou nationalistes. Guère de trace donc du support défaillant de l’UE à l’Ukraine, défaillance due à l’exigence de l’unanimité de ses décisions.

Pour notre pays ce constat a été corroboré par l’Eurobaromètre du Parlement Européen: sondant l’attitude des Luxembourgeois devant ces élections. La lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale a en effet été considérée par eux comme prioritaire. Il s’agit-là, bien sûr, de problèmes méritant un tel traitement mais ce sont des problèmes relevant des politiques nationales alors que la survie d’une Ukraine démocratique et libre devrait être une des grandes priorités du scrutin de dimanche prochain: l’avenir de l’UE, notre avenir risquent en effet de dépendre de l’issue du conflit ukrainien !

Le récent véto du Premier hongrois de l’aide financière de l’Union à l’Ukraine, aussi scandaleux qu’il soit, n’a donc pas suffit pour servir d’alerte générale.

Cette attitude rappelle au soussigné celle des dirigeants byzantins, en 1453, lors du siège de leur ville par les Ottomans:  alors que leur ville était sur le point de succomber, ses dirigeants n’avaient rien de mieux à faire que de de se chamailler au sujet du sexe des anges…

Le CSV et le DP, en rédigeant leur programme de coalition, ne se sont apparemment pas rendus compte qu’en voulant préserver l’unanimité en matières financières (lisez fiscales), d’autres États-membres ne manqueraient pas d’exiger à leur tour le maintien de l’unanimité pour d’autres sujets, ce qui, en cas d’acceptation, aurait pour effetde rendre incohérent tout le processus décisionnel européen.

L’unanimité pour accepter l’ensemble de ce chambardement étant ainsi hautement improbable, la fermeté et l’efficacité de l’action de l’UE, indispensables pour faire face au bloc totalitaire chinois et russe, face à l’agression russe en Ukraine et face aussi à l’appréhension qu’inspire le phénomène Trump aux États Unis, feront alors défaut.

Conclusion.

L’introduction générale d’un processus décisionnel majoritaire devrait  être un but prioritaire du prochain Parlement européen.

JH, 03.06. 2024

PS: texte légèrement toiletté depuis lors sans toucher à son fond.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *